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L’hydrogène ne peut rivaliser avec les véhicules électriques, affirme un expert après la faillite d’un précurseur du secteur

Le marché automobile actuel offre une variété de motorisations sans précédent. Au-delà de l’essence et du diesel, les consommateurs peuvent choisir parmi l’hybride, l’électrique pur et l’hydrogène. Cette dernière solution cumule des avantages théoriques intéressants : zéro émission à l’échappement combinée à un ravitaillement rapide. Cependant, la réalité pratique s’avère bien différente.

L’hydrogène n’a jamais atteint les niveaux de succès escomptés malgré les efforts déployés. Des entreprises comme le service de taxis Hype ont progressivement abandonné cette technologie pour privilégier les véhicules électriques. Aujourd’hui, une nouvelle entreprise se confronte au même désenchantement face aux défis commerciaux de cette motorisation alternative.

La société norvégienne Hynion, fondée en 2019 pour construire et exploiter des stations de ravitaillement en hydrogène, a déposé son bilan début 2026. Avant cette faillite, sa filiale suédoise Hynion Sverige avait connu le même sort huit mois auparavant. L’entreprise avait annoncé en janvier un processus de restructuration, mais n’a pas réussi à surmonter les obstacles financiers auxquels elle se heurtait. Le contexte économique difficile, marqué par un endettement excessif et une demande insuffisante, a finalement eu raison de l’entreprise.

Le patron de Hynion, Lavrans Grjotheim, reconnaît candidement que l’hydrogène ne peut rivaliser avec l’électrique actuellement. En Norvège, le marché automobile est dominé massivement par les voitures électriques, qui représentaient 97 % des immatriculations en 2025. Durant la même année, aucun véhicule à hydrogène n’a été vendu, tandis que 142 exemplaires seulement circulaient sur les routes depuis 2023. À titre de comparaison, 172 233 voitures électriques à batterie ont trouvé preneur en 2025.

Cette domination électrique repose sur des facteurs clés souvent négligés. Les réductions d’impôts substantielles accordées aux véhicules électriques ont fortement contribué à leur adoption massive. Parallèlement, un réseau de recharge densément implanté facilite l’utilisation quotidienne de ces automobiles. Les stations hydrogène demeurent exceptionnellement rares, créant un cercle vicieux : sans infrastructure, les clients ne peuvent s’approvisionner, donc n’achètent pas ces véhicules.

Cette situation reflète un problème structurel fondamental que Grjotheim lui-même identifie. L’hydrogène exige des infrastructures massives pour fonctionner, mais la rentabilité unitaire reste impossible à justifier sans subventions gouvernementales considérables. Ce dilemme explique largement le déclin des immatriculations de véhicules à pile à combustible à l’échelle mondiale. Entre janvier et juin 2025, seulement 4 102 exemplaires ont été vendus mondialement, avec des réductions draconniennes même en Chine, traditionnellement leader de ce segment.

Au-delà des limitations commerciales et infrastructurelles, des scientifiques alertent sur les impacts environnementaux réels de cette technologie. La production d’hydrogène consomme énormément d’électricité et présente des risques de fuites atmosphériques dommageables pour l’environnement. Ces préoccupations écologiques sérieuses ont même amené de nombreux experts à signer des pétitions contre l’usage de ces véhicules lors d’événements majeurs, notamment aux Jeux olympiques de Paris 2024.

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