Le vidéoprojecteur LG CineBeam S offre une qualité 4K dans un format ultra compact et séduisant

Après le succès du CineBeam Q, LG élargit sa gamme avec un modèle radicalement différent. Le CineBeam S abandonne la projection classique pour cibler le segment ultra courte focale, tout en conservant le design épuré et l’encombrement minimal caractéristiques de la marque.
Ce vidéoprojecteur se distingue par sa compacité exceptionnelle parmi les UST disponibles sur le marché. Il s’agit de l’un des modèles les plus légers et discrets du segment, bien plus compact que des concurrents comme le Formovie Theater Premium ou le Samsung The Premiere 7. Équipé d’une puce DLP et d’une source trilaser, il offre une définition 4K UHD par wobulation, ce qui demeure impressionnant au regard de sa taille. Les diagonales de projection varient de 40 à 100 pouces, un dimensionnement cohérent avec son format de poche.
Proposé initialement à 1200 euros, le CineBeam S se trouve désormais autour de 1050 euros, un tarif compétitif pour un UST trilaser face aux modèles premium généralement affichés entre 2000 et 3000 euros. L’intégration de WebOS, l’interface propriétaire de LG, enrichit l’expérience utilisateur avec accès natif aux applications de streaming majeures.
Sur le plan ergonomique, LG démontre son expertise en design avec un objet soigné aux finitions irréprochables. Son coefficient de projection de 0,25:1 permet un positionnement proche de l’écran, offrant une image de 90 pouces à seulement 33 centimètres. La correction du trapèze automatique et la mise au point électronique simplifient considérablement l’installation, des fonctionnalités rares sur les UST.
La connectique reste minimaliste avec HDMI eARC et USB-C, limitée par les contraintes dimensionnelles. AirPlay et Miracast permettent néanmoins de diffuser depuis smartphones ou tablettes. WebOS fonctionne cependant avec une fluidité perfectible, montrant des délais lors des transitions entre menus, bien que l’interface intègre l’ensemble des services de streaming attendus.
Pour les gamers, les performances s’avèrent décevantes. Un input lag de 51,1 millisecondes rend le jeu aléatoire, bien au-delà des seuils acceptables, tandis que le rafraîchissement plafonné à 60 hertz limite davantage les capacités ludiques. La télécommande, très élémentaire sans rétroéclairage ni Bluetooth, constitue une déception additionnelle.
Le système audio révèle une faiblesse majeure avec une restitution inadéquate. Une ventilation mesurée à 37,5 décibels surpasse les références du marché, les modèles silencieux descendant sous 33 décibels, ce qui rend inévitable la perception du bruit fonctionnel dans l’obscurité.
Concernant l’image, le CineBeam S délivre une définition 4K agréable avec une netteté convaincante relativement à son format ultra compact, bien que des limitations subsistent particulièrement en périphérie. La précision colorimétrique montre des défaillances notables avec un delta E moyen de 7,8 en SDR, éloigné de la valeur de référence. Un système complet de gestion des couleurs permet néanmoins des ajustements compensatoires.
La température colorimétrique atteint 6000 Kelvin, légèrement supérieure à la norme, produisant une dominante jaunâtre modérée. Le gamma mesuré à 2 s’avère trop faible, engendrant des gris surélevés et une image globalement terne. Le contraste atteint 2180:1, résultat solide positionnant l’appareil au-dessus du Samsung The Premiere 7, bien qu’inférieur aux meilleurs UST. Paradoxalement, cette mesure théorique ne se traduit pas en visionnage réel où les noirs apparaissent grisés.
Un moteur de compensation de mouvement actif génère un effet soap opera perceptible même en paramétrage minimal, incitant les puristes à la désactivation au détriment d’une légère saccade sur les panoramiques. La compatibilité HDR demeure basique avec HDR10 et HLG, excluant Dolby Vision et HDR10+. L’éclairage HDR plafonné à 62 candelas par mètre carré s’avère modeste face aux performances supérieures à 150 des concurrents de gamme tarifaire similaire.
Le delta E en HDR grimpe à 22,7, traduisant une colorimétrie très imprécise. La couverture colorimétrique excelle cependant avec 99,4 pour cent du DCI-P3 et 95,3 pour cent du Rec.2020, exploitant pleinement les capacités trilaser pour des teintes riches et saturées malgré leur manque de justesse. L’absence de phénomène speckle laser constitue un avantage notable.
Le CineBeam S incarne une proposition originale au sein des ultra courtes focales, unissant compacité, transportabilité et 4K UHD de manière inédite. Toutefois, ses limitations colorimériques et audio, associées à une luminosité restreinte, le positionnent en retrait face aux modèles UST conventionnels de même gamme tarifaire. Cet appareil répond davantage aux besoins d’utilisateurs privilégiant la discrétion et la mobilité de l’installation.



